BORIS DUMONT

Lofoten et Vesteralen, Norvège

Premier temps du voyage, l’atterrissage à Bodo après une nuit à Oslo. La vue de l’avion promet pas mal de belles choses…Si les terres sont recouvertes de neige, les eaux sont presque couleur lagon.

Allez, c’est parti, on prend le bateau depuis Bodo, direction les tant attendues iles Lofoten… La lumière est belle mais il fait vraiment froid sur le pont du ferry. Difficile de s’attarder… On rentre donc à l’intérieur du bateau où seules quelques personnes font la traversée avec nous. Parmi elles, quelques français qui viennent faire du hors-piste sur les montagnes des Lofoten malgré tous les avertissements sur les risques considérables d’avalanche en ce début de mois de mars. Il ne sont pas très discrets, comme cela arrive chez nos compatriotes à l’étranger…  Toujours est-il qu’on apprendra que certains d’entre eux seront rapatriés dès le lendemain après avoir été emportés par une avalanche. Le séjour s’arrête là pour eux, mais heureusement sans gravité si l’on en croit les journaux du lendemain… 

Le Village de Reine sera notre point de chute, et plus précisément le petit hameau de Hamnoy. Sur les Lofoten, il est sympa de louer des ‘Rorbuer’. Ce sont des cabanes de pêcheurs sur pilotis qui sont parfois restaurées pour accueillir les touristes.

Le premier soir, j’ai la chance d’apercevoir une aurore boréale

Tout au long de la route qui remonte vers l’archipel des Versteralen défilent des paysages irréels. 

Les arrêts sont fréquents tant les paysages sont grandioses, mais l’idée première de ce voyage est de rejoindre Nyksund, un petit village de pêcheurs quasi abandonné depuis les années 70, notamment à cause de son isolement. Le village s’est progressivement repeuplé avec l’arrivée de quelques  étrangers  artistes, mais il reste pour le moins insolite. 

Un peu d’angoisse avant de prendre la route tant ce que j’ai pu lire sur les derniers kilomètres de piste qui permettent de rejoindre Nyksund depuis Myre incite à la prudence. 

En attendant, le temps est tellement au beau fixe que dès qu’on arrive sur l’île de Lagoya, on décide de faire un détour vers Hovden à l’extrême nord-ouest de l’Ile. J’y avais repéré quelques belles maisons isolées avant le départ que j’aimerais bien réussir à trouver. Tant que le temps le permet, on fonce et on ne sera pas déçus !

Le temps se dégrade à grande vitesse, et il vaut mieux rejoindre la voiture au plus vite pour rejoindre la route de Nyksund.

On finit par le plus y voir à 3 mètres. Les essuie-glaces sont gelés, je roule les portières ouvertes pour essayer de distinguer la route, prenant de plein fouet les rafales de neige et de vent dans la figure. Sans doute pas plus de 5km/h sur les derniers kilomètres. Sur le coup, ce n’est pas un très bon souvenir, ça le deviendra par la suite et je serai même très content d’avoir connu ces conditions d’accès difficiles. Comme d’habitude sous ces latitudes, le temps change très vite, ce qui nous permet de découvrir Nyksund par beau temps. Un panneau pour le moins original marque l’entrée du village. ça promet !

Cette journée se termine enfin, et plutôt bien, une aurore boréale se présentant dernière la couche nuageuse. Je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré en une seule journée autant de déclinaisons météorologiques.


2 jours de grand repos à Nyksund, il faut dire qu’il n’y a pas grand chose à faire : trop de neige et de vent pour tenter une marche, rien n’est ouvert, pas de télé bien sûr, ce qui n’est pas un problème. On profite pour reprendre des forces avant de reprendre la route, cette fois sous le soleil, ce qui n’est pas pour nous déplaire connaissant maintenant les difficultés que la route présente pendant un épisode neigeux violent.

RETOUR SUR LES LOFOTEN : PREMIÈRE HALTE A SVOLVAER POUR LA
COMPÉTITION INTERNATIONALE DECHE AU SKREI (CABILLAUD ARCTIQUE)

L’autre grand temps fort de ce voyage était de rejoindre l’archipel des Lofoten où se déroule la compétition internationale de pêche au skie. 

Le skrei est un cabillaud du Nord-Est de l’océan Arctique, qui vit dans la mer de Barents et vient frayer chaque année, entre les mois de janvier et avril, dans l’archipel des îles Lofoten. Ce voyage de plusieurs centaines de kilomètres dans des eaux situées au nord du Cercle polaire est à l’origine du nom de ce poisson. Le mot skrei vient en effet de l’ancienne expression viking « å skreide fra » (Skrida), qui signifie une avancée « à grandes enjambées », rapide (descritpion Wikipédia).

 Voilà pour le petit moment culturel.

Vers 6 heures, les bateaux de pêche sont pour la plupart déjà partis. On a beau m’assurer qu’il s’agit d’une compétition internationale, je ne remarque que des norvégiens…Toujours est-il qu’il faut du courage pour prendre la mer car le temps ne va pas tarder à virer à la tempête. Je serai très content de ramener cette photo qui reste une de mes photos favorites.

L’épisode compétition pour la pêche au Skrei se termine à Svolvaer par une grande beuverie. Il faut savoir reprendre des forces. Pour nous le lendemain, c’est reparti cap plein sud : retour progressif vers Reine et Molkenes où un ferry nous ramènera à Bodo. 

Je ferai quelques haltes sur la route et constaterai que je ne suis pas seul à sortir un appareil photo avec un temps pareil…

Pour nous, il est désormais temps de reprendre le bateau, puis deux avions, enfin deux bus et un train…


Ces moments sur les archipels des Lofoten et des Vesteralen resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Les Lofoten méritent, je pense, amplement leur réputation d’être rangées parmi parmi les plus belles iles du monde. S’y rendre en hiver fût un réel plaisir car l’endroit est loin d’être envahi par les touristes et l’on ressent comme je l’attendais la puissance des éléments arctiques.

Je garderai également un souvenir ému de Nyksund et des rares personnes que nous avons rencontrées là-bas. Je pense notamment à Ssemjon et Jasmin qui nous ont reçu dans leur pension “Holmvilk Brygge”. Ils ont la belle vie ces deux là : pas levés avant 12h car ils veillent pour ne pas louper une potentielle aurore boréale. Merci à eux pour leur accueil en tout cas ! Et si vous le pouvez, n’hésitez pas à vous rendre en hiver sur les Lofoten et les Vesteralen ! J’espère que ces quelques photos vous en donneront l’envie.


Using Format